La production de vêtements requiert l’utilisation d’énormément de ressources. D’eau, par exemple, nécessaire en grandes quantités durant tout le processus, des plantations de coton à la production du vêtement. Nous pourrions également parler des conditions de travail déplorables de toutes les personnes qui participent à la fabrication d’un vêtement. Mais le but de cet article n’est pas de présenter des problèmes, mais plutôt une solution (ou du moins une petite partie de solution) pratique. L’idée principale est la suivante : puisque les vêtements ont besoin d’autant de ressources et d’énergie pour être fabriqués et arriver jusqu’aux mains d’un client, le mieux serait de les utiliser « jusqu’à leur fin ».

Il nous est tous déjà arrivé de prendre quelques kilos, d’avoir dans notre armoire des vêtements qui ne correspondent plus à notre goût ou, au moins cela est certain, de grandir ! La NEUF, l’association pour le développement durable de l’Université de Fribourg, organise ce semestre la 8e bourse d’échange d’habits de Fribourg, le 11 avril 2016 au Centre Fries. Au début, ce sont quelques amis qui se sont mis ensemble pour permettre aux personnes qui le souhaitent de donner une deuxième chance aux vêtements qu’elles ne portent plus et d’en trouver de « nouveaux » sans dépenser d’argent. La NEUF a repris l’organisation car cet événement correspondait bien à ses idées et préoccupations.

Ce semestre, le groupe « Bourse aux habits » en charge de l’organisation a décidé de rebaptiser l’événement « Open Closet ». Un nom court pour attirer l’attention, mais pas seulement. L’idée d’ouverture est importante et reflète le fonctionnement de la journée. Chacun peut entrer dans « l’armoire » (à n’importe quel moment entre 10h et 22h), que ce soit pour y apporter des vêtements, en prendre d’autres laissés par d’autres visiteurs, ou les deux ! Il n’y a pas de contrôle sur qui apporte quoi ou repart avec combien, etc. Et tout se fait gratuitement.

Ce semestre, nous avons choisi le slogan « Pour toi, pour les autres et pour la planète ! ». Pour toi car cela permet de faire de la place dans ton armoire et/ou d’obtenir de nouveaux vêtements sans dépenser d’argent. Pour les autres car apporter des vêtements permet à des personnes qui ne peuvent pas s’en acheter de pouvoir les prendre gratuitement lors d’Open Closet et car les vêtements qui restent sont donnés (en majorité à Zig-Zag et Emmaüs, en échange du prêt de stenders et de miroirs). Pour la planète enfin car cela permet de ne pas utiliser de nouvelles ressources mais de réutiliser les vêtements déjà fabriqués.

L’année passée, j’ai accepté de prendre la responsabilité du groupe. Pas par intérêt pour le shopping ou les vêtements, les personnes qui me connaissent bien l’attesteront. Mais simplement parce que je trouve important de créer, le temps d’une journée, un espace de rencontre et d’échange entre hommes, femmes et enfants de tous horizons. Voir les sourires de celles et ceux qui ressortent un sac plein de vêtements à la main, entendre les « mercis » et les « quand est-ce qu’aura lieu la prochaine bourse aux vêtements ? » des visiteurs, cela suffit à récompenser le temps et les efforts investis pour la préparation de la journée.

Certains me demandent parfois si je pense que par mon engagement, entre autres dans l’organisation d’Open Closet, je vais changer le monde. Non, bien sûr que non. Par contre, je pense que si chacun agit là où il peut, avec les moyens à sa disposition, on peut faire un grand pas en avant. Si certaines valeurs présentes dans un événement comme Open Closet (partager, réutiliser, échanger ou même donner) étaient plus mises en avant quotidiennement, j’ose espérer que le monde serait un petit peu meilleur. De nombreuses initiatives vont aujourd’hui dans ce sens, ne perdons donc pas espoir !

Pour plus d’informations :

http://student.unifr.ch/neuf/fr

Gastbeitrag von Amélie Pochon / Bildquelle: Flickr / Sofy Marquez